L'équipe du Bureau s'agrandit !

Le 22 septembre, le Comité régional électif de France Assos Santé Ile-de-France s'est réuni à Paris afin de renouveler une partie de son Bureau ; à cette occasion, trois membres ont été élus : Jean-Claude Genêt devient Président, tandis que François Charles et Jean Wils, membres du Comité régional, rejoignent le Bureau. Triple portrait de bénévoles aux parcours et aux expériences diverses, tous engagés auprès de France Assos Santé de longue date, et qui aspirent à renforcer leur mobilisation dans la délégation francilienne.

 

Jean-Claude Genêt (Réseau Environnement Santé), Président

Membre du Bureau de France Assos Santé Île-de-France depuis 2025 et Représentant des usagers (RU) en établissement de santé, Jean-Claude Genêt a fait carrière dans l’économie sociale. Administrateur du Réseau Environnement Santé (RES) depuis dix ans, il souhaite notamment poursuivre l’ouverture de France Assos Santé Île-de-France aux enjeux de prévention et de santé environnementale.

France Assos Santé Ile-de-France : Pouvez-vous nous parler de votre parcours associatif ?

Jean-Claude Genêt : Mon engagement date de mes 16 ans, j'ai commencé par m’engager sur les sujets d'insertion et de démocratie sociale. Puis, à travers mon parcours professionnel dans la santé mutualiste, je me suis sensibilisé au sujet de santé au travail avant de m'intéresser à la santé environnementale. C'est dans cette optique que j'ai rejoint le RES en 2016. Nous avons constaté que l’enjeu n’était pas encore rentré dans les pratiques de santé, et c’est pour cela que nous avons voulu contribuer à l'acculturation des tous acteurs à cette problématique. Nous avons donc entrepris de faire agréer l'association car nous étions convaincus que ces causes que nous défendons pouvaient être portées par des RU, notamment en CDU.

Au quotidien, comment voyez-vous votre rôle de RU ?

Mon action de RU à Trousseau, où je siège depuis 2025, me permet de faire le lien entre la représentation des usagers et les sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, comme la prévention et la santé environnementale. A ce titre, j'essaie de promouvoir des initiatives concrètes, par exemple autour de l'alimentation avec un projet pilote de paniers bio distribués aux jeunes mères à leur sortie de l'éco-maternité. Plus largement, il s'agit de réfléchir à tout ce qui peut aider à améliorer la santé du nouveau-né et de sa famille : l'alimentation, mais aussi l'environnement de la chambre, les vêtements ou encore les différentes expositions du quotidien. C'est ainsi que je vois la fonction de RU : ne pas intervenir uniquement sur la qualité de la prise en charge et le respect des droits, mais pouvoir participer à des projets qui agissent en amont, sur la prévention, la sensibilisation et la santé globale des personnes.

Pourquoi avez-vous souhaité rejoindre le Bureau de France Assos Santé Ile-de-France, puis en devenir président ?

En tant que membre du RES, j'ai dans un premier temps rejoint le Groupe de travail national de France Assos Santé consacré à la transition écologique, et j'ai pu constater leur forte mobilisation sur ces questions. J'ai voulu compléter cette implication par un investissement plus proche du terrain, de la dimension locale et des réalités vécues par les usagers et les associations. Il m'a donc semblé assez naturel de rejoindre le Bureau de la délégation francilienne en 2025. Lorsque l'occasion s'est présentée d'en prendre la présidence, j'y ai vu l'opportunité de poursuivre le travail engagé par la délégation sur des sujets cruciaux, l'alimentation et la transition écologique, mais aussi les inégalités sociales de santé, les soins urgents et la santé mentale. Je tiens à poursuivre ces travaux, et je suis convaincu de la capacité de notre union à aborder ces enjeux de manière transversale et dynamique. Nous devons pour cela nous appuyer sur la diversité des associations et des élus, faire dialoguer leurs sensibilités et leurs expertises respectives.

Quelles orientations souhaitez-vous donner à votre mandat ?

Je souhaite d'abord cultiver et consolider ce que nous savons faire. Aussi, je veux faire émerger de nouveaux talents dans notre réseau, afin que nous travaillions collectivement, et plus en profondeur sur les sujets déjà engagés. Pour cela, il faut renforcer la mobilisation et l'implication des élus de la délégation régionale dans les groupes de travail. En plus des thèmes que nous abordons, nous allons lancer de nouveaux sujets animés par des bénévoles : un groupe de travail santé des femmes, et un autre dédié à l'innovation et à l'expérimentation. Il est également important de poursuivre les travaux sur le partenariat en santé.

La prévention semble occuper une place centrale dans votre vision de la santé ...

Oui, « Mieux vaut prévenir que guérir » peut sembler être une formule galvaudée, mais elle n’a probablement jamais été aussi actuelle. Nous devons parvenir à faire davantage entrer la prévention dans les politiques de santé et de soins. Il ne s’agit pas uniquement de prendre en charge la maladie, mais aussi d’agir sur l’amont, sur les expositions et les déterminants qui affectent notre santé.

Comme le dit le Président de France Assos Santé, Gérard Raymond, notre système de santé est aujourd’hui à bout de souffle et doit évoluer. Avec les transformations environnementales, sociales et médicales auxquelles nous sommes confrontés, notre rôle est plus essentiel que jamais : faire en sorte que les usagers ne soient pas seulement les destinataires de cette transformation, mais qu’ils participent pleinement à la construction du système de santé de demain.

 

François Charles (France Alzheimer), membre du Bureau

Membre du Comité régional de France Assos Santé Île-de-France depuis près de dix ans, François Charles fait son retour au Bureau de la délégation, dont il a déjà été trésorier. Vice-président de France Alzheimer et RU dans les Hauts-de-Seine, il souhaite mettre son expérience du secteur médico-social et des instances de démocratie en santé au service d'une meilleure coordination des acteurs et d'une mobilisation renforcée du réseau associatif.

France Assos Santé Ile-de-France : Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel ?

François Charles : Je n’ai pas eu de formation initiale dans le domaine de la santé mais ma carrière d’auditeur interne dans de grandes entreprises a contribué à me faire bénéficier de compétences précieuses pour représenter les usagers. Ce métier m’a facilité la compréhension des enjeux défendus par les RU au quotidien dans les établissements sanitaires : amélioration de la qualité, importance de la communication, gestion des risques, … toutes ces questions se retrouvent en CDU. C’est pour cela que quand je me suis engagé en tant que RU, j’ai été tout de suite à l’aise.

Quelle est l’origine de votre engagement associatif ?

C’est mon histoire personnelle qui m’a conduit vers le bénévolat. Un des éléments de cette histoire a été la maladie d’Alzheimer de ma mère. Mon père a voulu me protéger lorsque ma mère en a été diagnostiquée à la fin des années 1980. Il a pris ainsi en charge totalement ma mère, mais je me suis retrouvé moi-même aidant principal en 1993 lorsqu’il est décédé brusquement, ayant négligé sa propre santé comme cela arrive à beaucoup d’aidants. J’ai eu alors la chance de connaître l’association France Alzheimer qui a été véritablement une ressource et un appui dans mon nouveau rôle d’aidant. Ma mère est décédée en 2003. Arrivé au moment de la retraite, reconnaissant du soutien dont j’avais bénéficié et sollicité pour faire part de mon expérience d’ancien aidant, je me suis engagé dans l’activité de l’association France Alzheimer des Hauts-de-Seine (FA92). J’en ai été Secrétaire général en 2008 puis Président. Je n’ai pas arrêté de militer au sein de FA92 dont je suis actuellement vice-président.

Dans quel contexte êtes-vous devenu RU ?

J’ai été conduit à compléter mon engagement en représentant mon association et les usagers au sein des établissements sanitaires de mon territoire. Je suis ainsi RU dans deux structures de soins, d’une part, au Centre hospitalier Rives-de-Seine, qui est implanté dans les communes de Neuilly-sur-Seine, Courbevoie et Puteaux et, d’autre part, dans un service de Soins médicaux de Réadaptation (SMR) gériatrique, la Fondation Roguet à Clichy-la-Garenne.

En plus de toutes ces responsabilités, vous avez rejoint France Assos Santé Ile-de-France il y a près de dix ans.

A cette époque, elle s’appelait encore le Collectif interassociatif du système de santé (CISS). J’en ai été le trésorier pendant cinq ans, y compris lorsque France Assos Santé a pris sa forme actuelle. A partir de 2022, j’ai été présent seulement au Comité régional et ai pu m’engager davantage au niveau local (CCAS de ma ville), du département (CDCA et CTS) et aussi au niveau régional (CRSA).

Aujourd’hui, vous réintégrez le Bureau de la délégation. A quelle dynamique souhaitez-vous contribuer pour ce mandat ?

Dans le contexte actuel des difficultés rencontrées dans le domaine de la santé et compte tenu des enjeux liés au vieillissement et à la perte d’autonomie des personnes âgées, je souhaite participer à des actions visant à promouvoir l’accès aux soins, à animer le réseau des RU et à œuvrer tant pour le secteur sanitaire que médico-social. Concernant ces derniers points, je me suis déjà engagé à mettre en œuvre des initiatives à l’échelle de mon département : je participe ainsi au lancement d’un Inter-CVS et ai lancé un réseau de RU du 92 en CDU qui les réunit sur la base du volontariat. Le but recherché dans ces deux actions est que les représentants des familles et les RU se sentent moins isolés, qu’ils partagent leurs informations, leurs difficultés et leurs bonnes pratiques.

Le thème du vieillissement et de l’autonomie semble aussi être un enjeu essentiel au niveau institutionnel, dans les instances régionales où vous siégez…

C’est tout à fait exact. Le Conseil économique, environnemental, social régional (CESER) d’Ile-de-France où je siège a été saisi par le Conseil régional d’une demande d’avis sur les conséquences du vieillissement de la population francilienne. J’ai eu l’opportunité d’être désigné rapporteur de cet avis. A la CRSA, l’amélioration de l’accompagnement des personnes en situation de handicap et en perte d’autonomie, les inégalités de santé sont des sujets souvent traités. Il s’avère que ces deux instances me permettent d'aborder les enjeux du vieillissement de manière complémentaire à ce que je peux connaître consécutivement à mon activité auprès de France Alzheimer. J’espère donc que mon expérience pourra contribuer à nourrir les plaidoyers inter-associatifs de la délégation, notamment en faveur du Bien-vieillir.

 

Jean Wils (ALMA Paris), membre du Bureau

Jean Wils est formateur à France Assos Santé, bénévole associatif issu du réseau ALMA Paris (Allô maltraitance personnes âgées et majeures handicapées) et RU à l’Etablissement public de santé national de Fresnes dans le Val-de-Marne. Également RU en instance régionale (CRSA), il place au cœur de son engagement une préoccupation centrale : faire entendre la voix des usagers, a fortiori ceux qui rencontrent le plus de difficultés à faire valoir leurs droits.

France Assos Santé Ile-de-France : Pouvez-vous nous raconter comment est né votre engagement ?

Jean Wils : Mon passé de militant politique a nourri mon engagement en faveur des usagers du système de santé. Dans les différents contextes professionnels et associatifs où j'ai évolué, j'ai toujours cherché à développer la place des citoyens et à favoriser l'expression de leurs aspirations et de leurs expériences, particulièrement lorsqu'ils rencontraient des difficultés à faire entendre leur voix. Dans cette perspective, le sujet de la défense des usagers contre la maltraitance est devenu primordial. C’est le cœur de l’action de mon association ALMA Paris, et c’est un principe qui régit mon engagement : créer un lien, une médiation entre les usagers-citoyens et les structures en mesure de porter leur voix et de défendre leurs droits.

Dans quel contexte êtes-vous devenu RU ?

Je l’ai fait en m’impliquant aux côtés du CISS, et en travaillant en étroite collaboration avec les associations de patients. Car déjà, le rôle des associations d’usagers me semblait indispensable dans notre système de santé. Ce sont des mouvements très militants – comme l’association AIDES qui a énormément œuvré en faveur des personnes vivant avec le VIH – qui m’avaient initié aux droits des usagers. J’ai donc renforcé ma mobilisation en travaillant sur le mode d’expression des usagers, et en prenant en compte les réalités de cette expression, comme nous le montrent les différents niveaux de littératie en santé. J’ai donc choisi de représenter les usagers dans un lieu de privation de liberté, au Centre pénitentiaire de Fresnes.

En quoi ce mandat est-il particulier, pour représenter les usagers ?

En tant que RU, je dois être constamment vigilant, et répondre au défi : comment représenter au mieux tous les usagers, notamment dans ce milieu spécifique, où, du fait de leur condition de détenus, la privation de liberté impose des contraintes particulières à l'exercice des droits fondamentaux ? La réalité du terrain se heurte aux modalités légales : selon le cadre juridique, le recueil des plaintes et des réclamations se fait par écrit, je travaille donc à trouver des solutions pour ces usagers qui s’expriment peu fréquemment, et avec difficulté. La question de l’aller-vers est ici centrale, et je suis confronté aux impératifs de l’administration pénitentiaire, qui fait valoir d’autres priorités, telles que la sécurité. Ces règles peuvent parfois s’appliquer aux dépens de certains droits des usagers, comme l’intimité, par exemple. Je vois donc mon mandat de RU à l'EPSNF comme un travail permanent de vigilance et de médiation, au croisement des règles institutionnelles, des impératifs de sécurité imposés par l’administration pénitentiaire et du respect effectif des droits fondamentaux des personnes détenues. De plus, j’ai un défi, en tant que RU : celui de représenter des personnes dont les parcours, les conditions de vie et les références socioculturelles peuvent être très éloignés des miens. Cela m'oblige à interroger constamment ma capacité à recueillir leur parole et à représenter leurs intérêts.

Comment ce travail est-il complété par votre engagement de RU au niveau régional ?

A la CRSA, je m’engage à un niveau différent. A l’échelle régionale, dans les instances territoriales, les agences et les institutions, les RU peuvent participer à faire bouger les lignes et proposer des solutions pour améliorer l’offre de soins, déterminer des politiques et des orientations, mieux organiser ce qui est proposé dans les établissements de santé. C’est aussi un exercice de représentation démocratique, mais qui se traduit avec une autre approche, plus politique.

Qu’est-ce qui a motivé votre candidature au Bureau de France Assos Santé Ile-de-France ?

En plus de toutes les valeurs et de tous les principes que je défends, je suis animé par une conviction ; je pense que les liens humains, y compris la simple convivialité que l’on retrouve dans une instance élue, sont un vrai moteur de la coopération inter-associative et pour notre démocratie en santé. C’est une des raisons qui m’a poussé à rejoindre le collectif formé par les élus de la délégation régionale et les salariés, pour poursuivre les travaux engagés et continuer de promouvoir mes combats.

Membre du Bureau de France Assos Santé, à quels travaux souhaitez-vous contribuer pendant votre mandat ?

Les orientations que je veux suivre s’inscrivent dans la veine de tous mes engagements. Je veux continuer les réflexions que le Bureau a engagées sur le partenariat en santé, et contribuer à mettre en place les conditions d’une meilleure collaboration entre patients partenaires, RU, professionnels, en apportant mon expérience de terrain. J’aimerais participer à un profond travail de réflexion éthique sur ce thème. Comment mieux clarifier les figures de patient partenaire et expert, comment mieux travailler avec eux et sur quels sujets en priorité ? Car malgré le chantier initié, je pense qu’il reste du travail de précision et de mise au clair.

Un sujet sur lequel j’aimerais travailler pendant ce mandat est l’expérience patient, dont les professionnels de santé se sont emparés. On peut s’en féliciter, mais je crois qu’il faut s’interroger sur le cadre qui gouverne cette mise en pratique. Les modalités de recueil de l'expérience patient, souvent très formalisées et liées aux exigences de certification, risquent parfois de faire perdre de vue la richesse et la singularité des expériences vécues. Et dans ce contexte-là, je crois que le rôle des associations peut être essentiel, en étant les acteurs de médiation entre le recueil du vécu sur le terrain et ce qu’en font les professionnels et les institutions. C’est le constat que je fais au quotidien, et qui a été très bien montré par les associations ayant participé à la Commission du Réseau de France Assos Santé Ile-de-France en septembre dernier : la nécessité d’aller vers les usagers en situation de précarité, et d'adapter les modalités de recueil de leur expérience nécessite un travail éthique de fond, ainsi qu'une une expérience solide sur le terrain.

 

 

Images d'illustration : © 2026 France Assos Santé Ile-de-France | Tous droits réservés.

 

 

 

 

 


Retours sur les rendez-vous franciliens de la Semaine Sécurité des Patients 2026

A l’occasion de la Semaine Sécurité des patient, 2 webinaires ont été co-organisés par France Assos santé Ile-de-France et la STARAQS (Structure d’Appui Régionale a la Qualité des Soins et à la sécurité des patients en Ile-de-France). Ces webinaires étaient accessibles aux professionnels des établissements et aux Représentants des Usagers.

 

📅le mardi 15 septembre

🕙 de 13h30 – 15h

🖥️ Un webinaire sur la démarche de certification : une opportunité de collaboration entre les établissements de santé et les RU !

📅jeudi 17 septembre

🕙 13h – 14h

🖥️ Un deuxième webinaire sur la présentation du kit : « Décision partagée » : des entretiens menés par des RU qui permettent de mesurer l’engagement du patient dans sa prise en soins.

Un kit est à disposition des RU et des professionnels de santé franciliens afin d’améliorer ensemble l’engagement du patient dans sa prise en soins. N’hésitez pas à parler de la démarche au sein de votre établissement. Retrouvez le kit ici 

📋 Un atelier en distanciel : « Lutter contre les infections associées aux soins »

Le programme de cet atelier :

  • Comprendre le fonctionnement des CLIN/CLIAS : missions, composition
  • Définir l’intervention des  RU dans cette instance
  • Identifier avec les autres acteurs les éléments qui contribuent à l’amélioration de la sécurité du patient

Et pour aller plus loin…

Nous avons également le plaisir de vous partager le guide co-élaboré avec la STARAQS sur : « Le rôle du patient et des Représentants des Usagers dans l’analyse des Evènements Indésirables Associés aux Soins ». Un grand merci aux service Qualité et Gestion des Risques et aux Représentants des usagers du Centre Hospitalier Victor DUPOUY d’Argenteuil pour leurs contributions.


Retour sur la Commission du réseau Inégalités sociales de santé

Retour sur notre Commission du réseau : des actions concrètes face aux inégalités sociales de santé

Le 24 septembre 2026, France Assos Santé Île-de-France a réuni son réseau à la Maison de la Conversation à l’occasion d’une Commission du réseau consacrée aux inégalités sociales de santé (ISS). De l’accès aux soins à l’alimentation, en passant par la santé sexuelle, l’habitat ou encore l’éducation thérapeutique, cette journée a permis de partager des initiatives concrètes et de réfléchir collectivement aux leviers permettant d’agir sur les inégalités de santé.

Cette journée s’inscrivait dans la continuité de l’enquête menée par France Assos Santé Île-de-France sur les inégalités sociales de santé et des travaux conduits avec notre groupe de travail interassociatif consacré aux ISS.

Un constat a guidé cette Commission du réseau : les inégalités sociales de santé sont multiples et trouvent leurs racines bien au-delà du seul système de soins. Conditions de vie et de logement, alimentation, éloignement géographique, accès à l’information et aux droits, isolement de certains publics ou encore difficultés à accéder à des dispositifs adaptés sont autant de facteurs sur lesquels il est possible d’agir.

L’objectif de la journée était donc de partir des actions de terrain, de partager ce qui fonctionne et de mettre en lumière des méthodes susceptibles d’inspirer d’autres acteurs du réseau.

Des actions en partage : quatre expériences pour ouvrir la journée

La matinée s’est ouverte par une table ronde réunissant quatre initiatives qui, par des approches différentes, agissent sur les déterminants de la santé et les difficultés d’accès aux soins.

Ting Chen, des Roses d’Acier, et Eve Derriennic, de Médecins du Monde, ont présenté l’expérience du Lotus Bus, programme historique d’accès à la santé et aux droits auprès des travailleuses du sexe chinoises. Les échanges ont notamment permis d’aborder les démarches d’« aller-vers », la construction d’une relation de confiance avec des personnes parfois éloignées des dispositifs de droit commun et la place des personnes concernées dans les actions qui leur sont destinées.

Dr Hélène de Champs Léger, coordinatrice de la Permanence d’accès aux soins de santé (PASS) de l’Hôtel-Dieu, a partagé l’expérience d’un dispositif confronté quotidiennement aux situations de grande vulnérabilité et aux ruptures d’accès aux soins. Son intervention a notamment permis d’interroger l’intelligibilité du système de santé pour les personnes en situation de précarité et les complémentarités possibles entre PASS et associations.

Christophe Jolivet, directeur de la Communauté professionnelle territoriale de santé Paris 20, a évoqué l’intérêt d’une approche territoriale et de la coordination entre professionnels pour mieux atteindre les personnes éloignées du système de santé et apporter des réponses adaptées aux besoins d’un territoire.

Enfin, Émilie Martin, coordinatrice de programmes à Action contre la Faim, a présenté Vital’Im, expérimentation menée en Seine-Saint-Denis autour de la précarité alimentaire. Cette initiative a permis d’élargir les échanges à un déterminant majeur de la santé : la possibilité, pour chacun, d’accéder à une alimentation suffisante, saine et durable.

À travers ces quatre expériences, plusieurs questions ont traversé les échanges : comment aller vers les personnes qui accèdent difficilement aux dispositifs existants ? Comment construire une relation de confiance ? Comment mieux associer les personnes concernées ? Comment coordonner les acteurs d’un même territoire ? Et quelles pratiques peuvent être reprises ou adaptées par d’autres associations ?

L’après-midi, quatre stands pour découvrir les initiatives du réseau

Après la table ronde, la Commission s’est poursuivie sous un format différent. Quatre stands ont permis aux participants d’aller directement à la rencontre des porteurs de projets, de découvrir leurs méthodes et outils et d’échanger autour des conditions concrètes de mise en œuvre de leurs actions.

De la santé sexuelle au saturnisme infantile, en passant par la nutrition et les politiques alimentaires locales, ces quatre initiatives ont également permis d’illustrer la diversité des déterminants sur lesquels il est possible d’agir pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

AIDES : un « Bus 2.0 » pour aller vers les HSH en Seine-et-Marne

Comment proposer une offre de santé sexuelle adaptée dans un département étendu et en partie rural, où les lieux communautaires LGBTQ+ sont rares et où certaines personnes souhaitent accéder à la prévention et au dépistage de manière discrète ?

C’est à cette problématique que répond le Bus 2.0 développé par AIDES en Seine-et-Marne. Le dispositif s’adresse aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), dans un territoire où l’éloignement géographique, la désertification médicale, le faible recours à la PrEP ou encore la difficulté à disposer d’espaces communautaires constituent autant de freins à l’accès à la prévention.

L’originalité de l’action réside notamment dans son caractère hybride. AIDES combine une « maraude numérique », réalisée sur des applications et sites de rencontre géolocalisés, avec la présence physique d’une unité mobile sur des emplacements choisis pour permettre un accueil discret. Des entretiens individuels de réduction des risques, des dépistages rapides du VIH, des hépatites et de la syphilis, ainsi que différents outils de prévention peuvent alors être proposés. Pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer, l’accompagnement peut également aboutir à l’envoi postal d’un autotest VIH et de matériel de prévention.

En 2025, 1 820 personnes ont été informées de l’existence de l’action, 45 entretiens de réduction des risques ont été réalisés et 21 ont été complétés par un dépistage TROD. L’action a également permis la distribution de préservatifs, de lubrifiant et de 41 autotests VIH, dont 24 envoyés par voie postale. Poster_Action Bus 2.0 (AIDES) (…

Cette initiative illustre concrètement comment l’« aller-vers » peut aussi se penser à travers les usages numériques et s’adapter aux contraintes géographiques des personnes.

Voir le Poster AIDES

 

AFVS : aller au domicile des familles pour prévenir le saturnisme infantile

Avec l’Association française des victimes du Saturnisme (AFVS), les participants ont découvert un autre déterminant majeur de la santé : le logement.

Le saturnisme est une intoxication au plomb qui touche particulièrement les jeunes enfants et dont l’une des principales sources demeure l’exposition aux peintures au plomb présentes dans les logements anciens et dégradés. Malgré les progrès réalisés au cours des dernières décennies, le risque persiste et le dépistage connaît une baisse, notamment en Île-de-France.

Dans le Val-de-Marne, l’AFVS conduit depuis juillet 2025 une action de prévention du saturnisme infantile ciblant prioritairement les secteurs caractérisés par un habitat ancien ou dégradé. La démarche repose là encore sur l’« aller-vers » : porte-à-porte, visites à domicile, identification des facteurs de risque liés au logement, information des familles et orientation vers les dispositifs adaptés. L’association travaille également à la mobilisation des professionnels de santé, de la périnatalité, de la petite enfance, du secteur social et de l’habitat.

Cette action montre combien santé, logement et situation sociale sont étroitement liés et combien la lutte contre les ISS suppose de décloisonner les interventions. Plusieurs centaines d’habitants ont déjà été sensibilisés aux risques liés au plomb et aux moyens de prévention.

Voir le Poster AFVS

 

AFD Île-de-France : accompagner les personnes diabétiques sur les enjeux de nutrition

Le stand de l’Association française des diabétiques (AFD) Île-de-France était consacré à l’accompagnement des personnes vivant avec un diabète et, plus particulièrement, aux enjeux de nutrition.

Dans le cadre de ses programmes d’Education thérapeutique du patient (ETP), l’association organise des ateliers collectifs permettant d’aborder l’équilibre alimentaire, les glucides et les sucres, les lipides, le sel ou encore les méthodes culinaires. Son approche ne se limite toutefois pas aux recommandations nutritionnelles : l’AFD travaille également sur l’environnement alimentaire et la capacité des personnes à décrypter les étiquettes, les allégations commerciales, les produits ultra-transformés, les additifs, pesticides ou polluants.

Les ateliers reposent sur des supports pédagogiques, des livrets thématiques, des films, mais aussi sur les échanges entre participants. Groupes de parole, entretiens individuels, ateliers collectifs et projections-débats permettent ainsi de croiser transmission de connaissances et prise en compte du vécu des personnes. En 2025, les ateliers ETP de l’AFD Île-de-France ont réuni 168 participants.

Ce stand a ainsi rappelé que l’accès à l’information et la capacité à s’approprier des connaissances utiles à sa santé constituent également des enjeux importants dans la lutte contre les inégalités de santé.

Voir le Poster AFD

 

PAT de Gennevilliers : faire dialoguer politiques de santé et d’alimentation

Enfin, la ville de Gennevilliers est venue présenter sa stratégie municipale articulant alimentation durable et santé.

Dans une commune de 50 000 habitants où 44 % de la population vit dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, la municipalité a progressivement rapproché deux politiques publiques initialement distinctes : son Contrat local de santé (CLS) et son Projet Alimentaire Territorial (PAT).

L’enjeu : intégrer davantage les questions d’alimentation durable aux dispositifs de santé et, réciproquement, prendre en compte les enjeux de santé dans les politiques alimentaires. Cette coopération se traduit notamment par un fonctionnement en binôme entre les équipes alimentation et santé-prévention, des ateliers communs lors d’événements municipaux, des formations interprofessionnelles et la recherche de financements communs.

Cette transversalité a déjà permis d’intégrer les enjeux d’alimentation durable dans différents dispositifs de sensibilisation, de développer une présence conjointe alimentation-santé lors de grands événements municipaux et d’introduire davantage les enjeux de santé dans des projets consacrés à l’alimentation durable.

L’expérience de Gennevilliers met ainsi en évidence un autre levier de lutte contre les ISS : faire travailler ensemble des politiques et des professionnels qui interviennent sur des déterminants différents mais étroitement liés de la santé.

Voir le Poster PAT de Gennevilliers 

 

Des projets différents, des leviers communs

Santé sexuelle, accès aux soins, alimentation, maladies chroniques, logement : les initiatives présentées au cours de cette Commission du réseau interviennent sur des réalités très différentes.

Elles font pourtant apparaître plusieurs leviers communs : aller vers les personnes plutôt que d’attendre qu’elles sollicitent les dispositifs ; adapter les actions aux réalités des territoires et aux conditions de vie ; mieux associer les personnes concernées ; rendre l’information accessible ; et renforcer les coopérations entre acteurs de la santé, du social, du monde associatif et des collectivités.

La journée a ainsi rappelé que la réduction des inégalités sociales de santé ne relève pas d’une action unique. Elle suppose au contraire d’agir simultanément sur différents déterminants de la santé et de partir des réalités vécues par les personnes.

Poursuivre la dynamique avec notre réseau

Cette Commission du réseau s’inscrit dans un travail engagé depuis deux ans par France Assos Santé Île-de-France avec ses associations membres autour des inégalités sociales de santé.

En donnant à voir des initiatives déjà mises en œuvre sur les territoires, l’objectif est aussi de faire circuler les pratiques, favoriser les rencontres entre acteurs et permettre à chacun de s’inspirer d’expériences développées ailleurs.

France Assos Santé Île-de-France remercie chaleureusement l’ensemble des intervenantes et intervenants, les structures venues présenter leurs actions ainsi que toutes les personnes présentes pour la richesse des échanges.


SAVE THE DATE - Commission du réseau Inégalités sociales de santé : Partageons nos actions inspirantes !

Le 24 septembre 2026, France Assos Santé Île-de-France réunit son réseau et des invités exceptionnels à l’occasion d’une Commission du réseau consacrée aux inégalités sociales de santé (ISS). Une journée pour croiser les expériences, partager des pratiques et faire émerger de nouvelles pistes d’actions collectives.

Face à ces enjeu, les associations et les acteurs de terrain développent chaque jour des réponses concrètes, innovantes et efficaces, au plus près des personnes concernées. C’est pour mettre en lumière ces expériences et favoriser leur partage que France Assos Santé Île-de-France organise, le 24 septembre, une Commission du réseau dédiée aux ISS.

Voir le programme de la journée 

Des travaux interassociatifs pour passer du constat à l’action

Cette journée s’inscrit dans la continuité de l’enquête menée par France Assos Santé Île-de-France sur les inégalités sociales de santé et des travaux du groupe de travail interassociatif consacré aux ISS. Ces productions ont permis de faire émerger plusieurs enjeux et pistes d’action, notamment la nécessité de mieux faire connaître les pratiques développées par les associations, de renforcer les coopérations entre les acteurs et de construire une réflexion collective sur les réponses à apporter aux inégalités de santé en Île-de-France. La Commission du réseau constitue une nouvelle étape dans cette dynamique : il s’agit de partir d’expériences concrètes pour comprendre ce qui fonctionne et réfléchir collectivement aux conditions permettant de développer ou de reproduire ces initiatives.

Une table ronde et quatre expériences pour croiser les regards

La matinée sera consacrée à une table ronde réunissant quatre dispositifs qui agissent, chacun à leur manière, sur les déterminants de l’accès à la santé.

Le Lotus Bus : aller vers les personnes concernées

Le Lotus Bus, dispositif d’accès aux droits et à la santé destiné aux femmes travailleuses du sexe de Belleville, constitue une illustration d’une démarche d’« aller-vers ». Initialement développé par Médecins du Monde, le dispositif a ensuite été confié à Les Roses d’Acier, association créée par et pour les personnes concernées. Cette évolution met en lumière l’importance de la participation des usagers dans la construction des dispositifs et de leur gouvernance.

ASS de l’Hôtel-Dieu : accompagner les personnes les plus vulnérables

La Permanence d’accès aux soins de santé (PASS) de l’Hôtel-Dieu propose un accompagnement sanitaire et social à des personnes rencontrant des difficultés importantes d’accès aux soins. L’expérience de l’Hôtel-Dieu permettra ainsi d’aborder les enjeux liés à l’accompagnement global et à la construction de parcours adaptés aux situations de vulnérabilité.

La CPTS Paris 20 : agir à l’échelle d’un territoire

La Communauté professionnelle territoriale de santé Paris 20 rassemble des professionnels de santé autour d’un objectif commun : améliorer l’accès aux soins et les parcours des habitants du 20e arrondissement. Dans un territoire marqué par d’importantes disparités sociales, cette démarche illustre l’intérêt d’une coordination entre professionnels et acteurs locaux pour apporter des réponses adaptées aux besoins de la population. Elle permettra également d’interroger la place de la coopération territoriale dans la réduction des inégalités sociales de santé.

Vital’Im : agir sur l’accès à une alimentation saine et durable

Le programme Vital’Im, porté par Action contre la Faim et le Département de la Seine-Saint-Denis, s’intéresse quant à lui à un déterminant essentiel de la santé : l’alimentation. Le projet vise à favoriser une alimentation accessible, saine et durable pour les personnes les plus précaires. Lancé en 2024 dans quatre communes séquano-dyonisiennes, Vital’Im concilie la lutte contre la précarité alimentaire et la promotion d’une alimentation saine et durable pour des ménages en situation de grande pauvreté.

Des stands pour faire connaître les initiatives du réseau

La journée se poursuivra l’après-midi avec une présentation interactive de plusieurs projets portés par les associations du réseau francilien de France Assos Santé Ile-de-France. Ce temps sera conçu comme un espace de découverte et d’échange, permettant aux participants de présenter leurs initiatives, de partager leurs expériences et d’identifier des complémentarités. Au-delà de la présentation des projets, l’objectif sera de favoriser les rencontres et de faire émerger, lorsque cela est pertinent, de nouvelles collaborations interassociatives. Au programme, l’Association française des diabétiques, l’Association française des victimes du Saturnisme et AIDES, ainsi que l’aimable participation d’une collectivité, la ville de Gennevilliers pour  présenter son Projet Alimentaire Territorial.

Avec cette journée consacrée aux ISS, France Assos Santé Île-de-France souhaite poursuivre la dynamique engagée depuis plusieurs mois et contribuer nourrir une culture commune de la lutte contre les inégalités sociales de santé.

Rendez-vous le 24 septembre !


Les actualités de France Assos Santé Ile-de-France : premier semestre 2026 !

L’année 2026 a commencé sous le signe de l’engagement et de la démocratie sanitaire. Dès janvier, la journée co-organisée avec l’ARS, marquant le début du mandat des Représentants des Usagers (RU) en Commission des Usagers (CDU), a rassemblé plus de 200 participants. Cet événement a été inauguré par le Directeur général de l’ARS, un beau moment rappelant votre engagement à toutes et tous.

Un autre temps fort a été la nomination de Thomas Sannié au collège de la Haute Autorité de Santé. Nous tenons à le remercier chaleureusement pour son engagement sans faille tout au long de ses quatre années en tant que président de la délégation francilienne de France Assos Santé. Nous continuerons à porter et à poursuivre les travaux engagés sous son impulsion.

En attendant de se retrouver à la rentrée, à vos agendas :

L’équipe de France Assos Santé Ile-de-France vous souhaite un bel été !


Soins Urgents Non Programmés : une enquête francilienne

En 2025, un travail collaboratif du groupe de travail (GT) inter-associatif dédié aux soins urgents non programmés a permis l’élaboration d’un questionnaire en ligne qui a été déployé du 3 novembre 2025 au 6 février 2026 afin de recueillir un maximum de témoignages sur le vécu des Franciliens et Franciliennes concernant leurs parcours de soins urgents et non-programmés en Île-de-France. Lors d’une commission du réseau sur ce thème, les premiers résultats de cette enquête vous ont été présentés.

Aujourd’hui, nous sommes ravis de vous partager la synthèse complète de ces travaux, qui éclairent les réalités et les défis rencontrés par les habitants de la région.

Nous avons également travaillé sur une synthèse plus courte qui présente les résultats principaux.

Cette commission a également été marquée par l’intervention de Cécile Ursat, venue exposer le fonctionnement du Service d’Accès aux Soins (SAS) en Île-de-France. Ensemble, nous avons élaboré une infographie explicative sur son fonctionnement, conçue pour être accessible à toutes et tous. Cette infographie a d’ailleurs obtenu la certification FALC (Facile À Lire et à Comprendre), garantissant sa clarté et son inclusivité.


Save the date : rencontre du réseau autour des inégalités sociales de santé

Retenez la date du 24 septembre : c’est celle de notre Commission du réseau Inégalités sociales de santé qui réunira de nombreux acteurs du champ pour partager leurs pratiques en la matière.

Faisant suite à l’enquête ISS  et au travaux du groupe de travail interassociatif rassemblant une dizaine d’associations, la Commission du réseau sera organisée comme un espace d’échanges et de rencontres autour d’une problématique majeure à laquelle RU, bénévoles et salarié.e.s sont confronté.e.s au quotidien : les inégalités sociales de santé.

Mue par cette volonté de promouvoir les actions qui participent de cette dynamique collective d’engagement et de favoriser l’émulation, France Assos Santé Ile-de-France articulera la Commission du réseau en deux séquences ; la table ronde du matin aura pour objectif d’apporter un éclairage sur quatre dispositifs passionnants, et de croiser les regards et les expériences :

 

  • Le Lotus Bus, outil d’aide à l’accès aux droits et à la santé des femmes travailleuses du sexe de Belleville, a été initialement développé par Médecins du Monde, puis entièrement confié à l’association créée ad hoc, par et pour les personnes concernées, Les Roses d’Acier.
  • La Permanence d’accès aux soins de santé (PASS) de l’Hôtel-Dieu propose un accompagnement sanitaire et social à tous, et consacre une partie importance de ses efforts à l’accès aux soins des personnes les plus vulnérables.
  • La Communauté pluriprofessionnelle territoriale de santé du 20e (CPTS Paris 20) associe de nombreux professionnels de santé pour améliorer l’accès aux soins et les parcours de milliers d’usagers, sur un territoire marqué par de fortes disparités sociales.
  • Le programme Vital’Im, porté par Action contre la Faim et le Département de la Seine-Saint-Denis, agit en faveur d’une alimentation accessible, saine et durable pour les usagers les plus précaires.

 

L’après-midi consistera en un temps de présentation interactive de projets portés par les associations du réseau francilien de France Assos Santé, et laissera la place aux échanges, aux contributions et, pourquoi pas aux perspectives de collaborations interassociatives. Le programme de cette seconde partie est en cours de finalisation.

Nous espérons vous voir nombreux.ses à cette journée !

 

Voir le programme

Retour sur la journée régionale Numérique en santé

Près d’une quarantaine de RU ont participé à la Journée régionale Numérique en santé qui s’est tenue à la Maison de la Conversation à Paris le 11 juin dernier. Pour cet événement, les élu.es et l’équipe salariée ont choisi de se pencher sur un versant important des transformations du système de santé à l’ère du numérique : la téléconsultation et la téléconsultation assistée.

Instituée par le législateur en 2018, la téléconsultation (TLC) est un dispositif qui a connu un essor massif à la faveur de la crise sanitaire. Au pic de la Covid-19, 17 millions de téléconsultations ont été réalisées, contre 80 000 en 2019. Même si ce record n’a pas été égalé les années suivantes, le nombre de téléconsultations augmente de 20 % par an depuis 2023 (14 millions en 2025). La montée en puissance de la téléconsultation s’accompagne de sa transfiguration : initialement portée par la médecine générale libérale pour répondre au contexte pandémique, elle s’étend désormais à de nombreuses spécialités et s’exerce même à l’hôpital.

Ces nouvelles pratiques de soins divisent ; elles suscitent, d’une part, une forme d’enthousiasme pour certains, qui voient en elles une façon de conjurer les inégalités d’accès aux soins et de faciliter l’accès à un médecin généraliste ou spécialiste en Ile-de -France. D’autre part, des inquiétudes sont exprimées face à ce phénomène qui fait craindre le risque d’une dégradation de la qualité du système de soins et d’une absence de coordination des parcours.

C’est pour répondre aux objectifs d’une meilleure compréhension des enjeux de la TLC et de la production d’outils d’aide à l’utilisation de ce dispositif par les usagers qu’élu.e.s de France Assos Santé Ile-de-France, Représentant.e.s des usagers et intervenant.e.s issu.e.s d’horizons divers se sont réuni.e.s.

La table ronde a permis de recadrer les enjeux, de croiser les points de vue et les expériences de plusieurs professionnel.e.s et représentant.e.s des usagers.

Cette séquence, riche en échanges, a éclairé certains points noirs relatifs aux pratiques de la téléconsultation. Forts de leur expérience de professionnel.le.s et de représentant.es, les intervenant.e.s développent des actions en lien avec la TLC qui sont à la fois cohérentes dans le parcours de soins, coordonnées entre les professionnel.le.s et éthiques du point de vue du respect des droits des usagers.

Les participant.e.s ont pu bénéficier des points de vue et des retours d’expérience de la part de quatre intervenant.e.s :

    • Yorick Berger est pharmacien dans une officine équipée d’une cabine de téléconsultation, et porte-parole de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. En tant que professionnel de premier recours établi à Paris, M. Berger reçoit des personnes confrontées à un problème de santé imprévu et pour qui la téléconsultation peut constituer une porte d’entrée. Le rôle du pharmacien est essentiel à cette étape, afin de juger de la pertinence de la TLC pour répondre à la situation, d’employer, le cas échéant, des outils connectés (otoscope, stéthoscope, tensiomètre) et in fine les orienter vers un spécialiste et/ou des examens approfondis.
    • Arthur Dauphin est conseiller numérique national de France Assos Santé. Lors de son intervention, il a replacé les enjeux évoqués lors des Assises de la télémédecine en 2025 dans un contexte national. Le travail mené pour et avec les usagers a permis de capter leur point de vue sur ces nouvelles pratiques, entre inquiétudes légitimes d’une généralisation à marche forcée et espoirs que la téléconsultation participe à améliorer l’accès aux soins et à fluidifier les parcours, notamment dans les territoires les moins bien pourvus.
    • Christophe Jolivet, directeur de la Communauté professionnelle de territoire de santé (CPTS) Paris 20, a présenté un projet de téléconsultations assistées à domicile menées par des assistants médicaux équipés d’une valise connectée. Conformément à l’aspiration de la CPTS, qui porte sur la coordination des parcours en renforçant les liens entre acteurs du 20e arrondissement, la TLC assistée contribue à réduire les fractures territoriales et à mieux articuler les actions de la ville et de l’hôpital.
    • Françoise Piqué-Le Cun, représentante associative (bureau de France Assos Santé IDF, CPTS Val d’Oise Centre, comité médical de Livi) a apporté son regard, à la croisée de ses expériences en instance territoriale et de membre de la gouvernance d’une société de téléconsultation. La réussite de l’innovation est conditionnée à l’association des usagers à toutes les étapes, de sa conception à son déploiement, et permet d’évaluer les besoins, les limites et les améliorations possibles de la téléconsultation.

Les échanges ont permis d’appréhender sans détour les préoccupations des usagers, fondées sur une méconnaissance du fonctionnement de la téléconsultation et sur certaines mauvaises expériences de consultation à distance. Cette matinée a souligné la nécessité d’une meilleure information des usagers sur les bonnes pratiques de la téléconsultation, tant sur la distinction entre situations adaptées et inadéquates que sur la transparence financière pour les patients.

Les ateliers ont mis à profit la connaissance de ces enjeux pour passer de la réflexion à l’action

L’après-midi a été dédiée à la conception d’outils informatifs destinés à une meilleure orientation des usagers quant aux recours à la TLC. Réuni.e.s en groupes, les participant.e.s ont mis au point les premières versions de deux documents distincts :

    • Une infographie facile à lire et à comprendre destinée à être affichées dans les pharmacies, afin de guider les personnes sur quand, comment et où utiliser une cabine de téléconsultation.
    • Un document synthétique plus général sur les recours à la téléconsultation selon des situations aiguës ou chroniques, les bonnes pratiques en matière de respect des droits des usagers ainsi que des clés d’information sur le financement de la TLC et les éventuels restes à charge.

Et maintenant ?

Ces productions constituent les premiers jalons d’une documentation accessible à tous les usagers. Dans les prochaines semaines, la délégation francilienne va retravailler ces premières versions et les soumettre au groupe de travail, que les RU désireux de s’engager sur le thème du numérique en santé sont invités à rejoindre (lien d’inscription à la fin de l’article). Après leur validation par le groupe de travail et les élu.e.s de la délégation,  les versions finales seront présentées et diffusées afin d’être utiles à tous les usagers qui souhaitent en savoir plus sur les modalités de TLC.

A l’issue de cette journée enrichissante qui augure de belles perspectives, France Assos Santé remercie chaleureusement les quatre intervenant.e.s pour leur implication dans cette journée, les participan.t.es qui se sont mobilisé.e.s lors des ateliers ainsi que la Maison de la conversation pour son accueil.

 


Journée régionale numérique en santé : Save the date !

Comme le rappelle Françoise Piqué-Le Cun, membre du Bureau de France Assos Santé Ile-de-France, « Le numérique en santé nous concerne tous. Il soulève autant d’opportunités que de défis, et c’est ensemble que nous devons y répondre. »

Parmi tous les versants du numérique en santé, le développement de la téléconsultation est un enjeu majeur de préoccupation des usagers. France Assos Santé rappelle que la cette nouvelle pratique n’est pas une médecine au rabais mais constitue une opportunité pour les usagers, notamment les plus vulnérables. La réussite de ces pratiques innovantes est conditionnée par une organisation territoriale coordonnée, la formation des professionnel.les de santé et des outils d’information accessibles aux usagers.

A ce titre, France Assos Santé défend :

  • La téléconsultation assistée, comme levier d’amélioration de l’accès aux soins, à condition d’être systématiquement accompagnée d’une information claire et accessible pour les usagers.
  • La sécurité des données : trop d’échanges médicaux se font encore via des outils non sécurisés (MMS, WhatsApp…).
  • L’orientation des patients, pour éviter que la télémédecine ne devienne un recours par défaut, mais bien une solution adaptée, intégrée dans un parcours de santé global.

C’est dans cet état d’esprit que la délégation francilienne organise, le 11 juin prochain, une journée régionale dédiée au numérique en santé. Cette étape de l’animation de notre réseau s’inscrit dans la dynamique initiée par les Assises de la télémédecine, entreprises par la Caisse nationale d’Assurance maladie et auxquelles France Assos Santé Ile-de-France a contribué.

Au programme (plus de détails prochainement) :

  • Des interventions de professionnel.les impliqués dans le développement de la télémédecine (CPTS, pharmacie, conseiller numérique en santé)
  • Des ateliers collectifs

 

Au plaisir de vous retrouver nombreu.x.ses !

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Représentant.es des usagers à la CRSA – Appel à candidatures 2026-2031

Le 26 mai de 16h à 17h a eu lieu le Webinaire de présentation de l’appel à candidatures qui a été l’occasion pour Marion Lambolez de présenter l’ARS Ile-de-France mais aussi le fonctionnement et les missions de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie. Renaud Coupry, président de la CRSA a témoigné de la représentation des usagers au sein de la CRSA. Ensuite, nous avons pu entendre le témoignage de Jean Wils, président de la commission spécialisée droits des usagers au sein de la CRSA. Margot Payre a présenté les modalités de candidature pour ce nouveau mandat (2026-2031). Pour finir, Adélaïde Vincent a présenté France Assos Santé Ile-de-France et l’accompagnement que celle-ci propose aux RU.

Devenez ou Redevenez Représentant.e des Usagers à la Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie (CRSA).

Pour déposer votre dossier de candidature : ARS IDF – Renouvellement des représentants des associations agréées au titre de l’article L. 1114-1 au sein de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) · Dématérialisation des Démarches Sociales

Cette année s’achèvera la mandature des Représentant.es des Usagers qui ont siégé.es à la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) de 2021 à 2026.

Vous avez été 23 à vous engager pour siéger à la CRSA lors de ce mandat qui se clôturera le 30 septembre 2026. L’appel à candidatures (pour renouveler son mandat ou s’engager pour la première fois) sera ouvert le 11 mai 2026 !

Qu’est-ce que la CRSA ?

La Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie (CRSA) d’Île-de-France est une instance consultative créée par la loi HPST de 2009. Elle joue un rôle clé dans la définition et la mise en œuvre de la politique régionale de santé, aux côtés de l’Agence Régionale de Santé (ARS). La CRSA rassemble divers acteurs (élus, professionnels de santé, représentants des usagers, associations…) pour formuler des avis et propositions sur les enjeux de santé et d’autonomie en région. Ses missions incluent notamment l’élaboration, le suivi et l’évaluation des projets régionaux de santé, ainsi que la promotion de la démocratie en santé. Elle participe activement à la co-construction des politiques publiques, en veillant à ce qu’elles répondent aux besoins de la population et des professionnels de santé.

Être RU à la CRSA

Être Représentant des Usagers (RU) à la CRSA, c’est défendre la voix des usagers au sein du « parlement régional de la santé ». Intégré à cette instance consultative, le RU participe, avec élus et professionnels, à l’évaluation et à l’amélioration des politiques de santé en région. Son rôle : porter une vision collective, attentive aux besoins des usagers, et influencer les décisions sur les soins, la prévention ou l’accompagnement des publics fragiles. Concrètement, il s’agit d’analyser, convaincre et construire des alliances pour faire entendre la parole des usagers et peser sur les orientations régionales. Une mission citoyenne et stratégique.

Le retroplanning de l’appel à candidatures

Vous pouvez également lire l’article de l’ARS sur le sujet en suivant ce lien : Démocratie en santé : renouvellement des membres de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) en Île-de-France | Agence régionale de santé Ile-de-France

Nous sommes à votre disposition pour tout complément d’information : ile-de-france@france-assos-sante.org