Près d’une quarantaine de RU ont participé à la Journée régionale Numérique en santé qui s’est tenue à la Maison de la Conversation à Paris le 11 juin dernier. Pour cet événement, les élu.es et l’équipe salariée ont choisi de se pencher sur un versant important des transformations du système de santé à l’ère du numérique : la téléconsultation et la téléconsultation assistée.

Instituée par le législateur en 2018, la téléconsultation est un dispositif qui a connu un essor massif à la faveur de la crise sanitaire. Au pic de la Covid-19, 17 millions de téléconsultations ont été réalisées, contre 80 000 en 2019. Même si ce record n’a pas été égalé les années suivantes, le nombre de téléconsultations augmente de 20 % par an depuis 2023 (14 millions en 2025). La montée en puissance de la téléconsultation s’accompagne d’une transfiguration : initialement portée par la médecine générale libérale pour répondre au contexte pandémique, elle s’étend désormais à de nombreuses spécialités et s’exerce même à l’hôpital.

Ces nouvelles pratiques de soins divisent ; elles suscitent, d’une part, une forme d’enthousiasme pour certains, qui voient en elles une façon de conjurer les inégalités d’accès aux soins et de faciliter l’accès à un médecin généraliste ou spécialiste en Ile-de -France. D’autre part, des inquiétudes sont exprimées face à ce phénomène qui fait craindre le risque d’une dégradation de la qualité du système de soins et d’une absence de coordination des parcours.

 

La table ronde a permis de recadrer les enjeux et de croiser les points de vue et expériences de plusieurs professionnels et représentants des usagers.

Cette séquence, riche en échanges, a éclairé certains points noirs relatifs aux pratiques de la téléconsultation. Forts de leur expérience de professionnel.le.s et de représentant.es, les intervenant.e.s développent des actions en lien avec la TLC qui sont à la fois cohérentes dans le parcours de soins coordonnées entre les professionnel.le.s et éthiques du point de vue du respect des droits des usagers.

 

Les participants ont pu bénéficier des retours d’expérience de quatre intervenants :

  • Yorick Berger est pharmacien dans une officine équipée d’une cabine de téléconsultation, et porte-parole de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. En tant que professionnel de premier recours établi à Paris, M. Berger reçoit des patients confrontés à un problème de santé imprévu et pour qui la téléconsultation peut constituer une porte d’entrée. Le rôle du pharmacien est essentiel à cette étape, afin de juger de la pertinence de la TLC pour répondre à la situation, et in fine les orienter vers un spécialiste et/ou des examens approfondis.

 

  • Arthur Dauphin, conseiller numérique de France Assos Santé. L’intervention a replacé les enjeux évoqués lors des Assises de la télémédecine dans un contexte national. Le travail mené pour et avec les usagers a permis de capter leur point de vue sur ces nouvelles pratiques, entre inquiétudes légitimes d’une généralisation à marche forcée et espoirs que la téléconsultation participe à améliorer l’accès aux soins dans les territoires les moins bien pourvus et fluidifier les parcours des usagers grâce à la téléconsultation.

 

  • Christophe Jolivet, directeur de la CPTS Paris 2 a présenté un projet de téléconsultations assistées à domicile menées par des assistants médicaux équipés d’une valise connectée. Conformément à l’aspiration de la CPTS, qui porte sur la coordination des parcours, la TLC assistée contribue à réduire les fractures territoriales et à mieux articuler la ville et l’hôpital.

 

  • Françoise Piqué-Le Cun, représentante associative (bureau de France Assos Santé IDF, CPTS Val d’Oise Centre, comité médical de Livi) a apporté son regard, à la croisée de ses expériences en instance territoriale et de membre de la gouvernance d’une société de consultation. La réussite de l’innovation est conditionnée à l’association des usagers à toutes les étapes de sa conception et de son déploiement, et permet d’évaluer les besoins, les limites et les améliorations possibles de la téléconsultation.

 

Les échanges ont permis d’appréhender sans détour les préoccupations des usagers, fondées sur une méconnaissance du fonctionnement de la téléconsultation et sur certaines mauvaises expériences de consultation à distance. La matinée a souligné l’importance d’une meilleure information des bonnes pratiques de la téléconsultation, tant sur les situations compatibles avec cette pratique que sur la transparence sur les coûts pour les patients.

 

 

Les ateliers ont mis à profit la connaissance de ces enjeux pour passer de la réflexion à l’action

L’après-midi a été dédiée à la conception d’outils informatifs destinés à une meilleure orientation des usagers quant aux recours à la téléconsultation et à la téléconsultation assistée. Réunis en groupes, les participants ont mis au point les premières versions de deux documents distincts :

  • Une infographie facile à lire et à comprendre destinée à être affichées dans les pharmacies, afin de guider les personnes sur quand, comment et où utiliser une cabine de téléconsultation.
  • Un document synthétique plus général sur les recours à la téléconsultation selon des situations aiguës ou chroniques, les bonnes pratiques en matière de respect des droits des usagers ainsi que des clés d’information sur le financement de la téléconsultation et les éventuels restes à charge.

Et maintenant ?

Ces premières productions constituent les jalons d’une documentation accessible à tous les usagers. Dans les prochaines semaines, la délégation francilienne va retravailler ces premières versions et les soumettre au groupe de travail, auxquels les RU désireux de s’engager sur le thème du numérique en santé. Les livrables seront par la suite présentés et diffusés afin d’être utile à tous les usagers qui souhaitent en savoir plus sur les modalités de téléconsultation.

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