Représenter les usagers en milieu carcéral

Les représentants des Usagers (RU) occupent une place fondamentale dans la démocratie en santé. Ceux-ci portent la parole des usagers du système de santé, garantissant le respect de leurs droits et intérêts. Cette mission de représentation s’exerce également auprès de la population dite « sous-main de justice » lorsqu’elle est hospitalisée au décours de sa détention. Des RU siègent dans les établissements de santé où les patients détenus sont accueillis dans des unités spécialisées (Unités Hospitalières Sécurisées Interrégionales -UHSI) pour leur prise en charge médicale.

Ces Unités sont implantées dans les centres hospitaliers de Bordeaux, Lille, Nancy, Rennes, Toulouse, Marseille, Lyon et Paris. Le huitième pôle d’hospitalisation régional est constitué par l’Établissement public de santé national de Fresnes qui a une vocation régionale et nationale d’accueil en soins de suite et de réadaptation des patients détenus.

Les contraintes de liberté liées à l’environnement carcéral suscitent des interrogations quant à l’exercice de la représentation des usagers dans ce milieu.

Pour en savoir plus, nous avons interrogé Jean WILS, RU à l’établissement public de santé national de Fresnes.

 

Les patients détenus sont-ils informés de leurs droits en santé ?

Pour exercer pleinement la démocratie en santé dans un établissement, il est essentiel que chaque patient bénéficie d’une information claire et complète sur ses droits en matière de santé. Cette précaution semble être également prise dans les établissements de santé pénitenciers : « Dans l’établissement dans lequel je suis RU, comme dans les autres établissements de santé, les patients sont informés de leurs droits notamment par le livret d’accueil et l’affichage dans les couloirs » déclare Jean Wils.

Toutefois, les particularités liées à l’environnement carcéral impliquent une adaptation des moyens mis en œuvre en terme d’information des usagers : « Diverses raisons comme la spécificité des déplacements des patients-détenus, l’illettrisme plus important que dans la population générale font que l’établissement doit constamment adapter la manière dont il transmet ses informations. Par exemple, l’affichage dans les couloirs est un bon moyen d’information quand on peut prendre du temps à examiner et lire ce qui est exposé mais qui présente des limites lorsque vous êtes accompagné par un gardien pour vous rendre à une consultation ou à la salle de rééducation. En ce qui concerne la communication du livret d’accueil, la situation rend encore plus nécessaire d’en expliquer le contenu et d’accompagner sa lecture alors même que cette démarche est préconisée pour l’ensemble des établissements de santé » déclare Jean Wils.

 

Comment les patients détenus expriment-ils leurs plaintes et/ou réclamations ?

Dans la plupart des établissements, les usagers ou leurs proches sont invités à adresser leurs plaintes ou réclamations par écrit au directeur ou à la Commission des Usagers (CDU).  Cette méthode est également employée auprès des patients en détention.

Issues, pour nombre d’entre elles, d’un milieu défavorisé et en situation de précarité, de nombreuses personnes détenues cumulent un faible niveau scolaire, un déficit culturel, un isolement social ou familial, une instabilité professionnelle[1]. De ce fait, les moyens mis en place pour permettre l’expression de leurs griefs vis-à-vis de leur prise en charge médicale deviennent difficilement mobilisables : « Aujourd’hui, la question de la représentation passe par la parole et l’écriture. Or en prison, certains détenus ne possèdent pas le capital culturel qui permet d’utiliser facilement ces moyens d’expression. De plus, il a été constaté que les patients-détenus avaient souvent une attitude moins demandeuse que les patients hors contexte carcéral [2].   Il est donc nécessaire de trouver d’autres modalités adaptées à ces personnes, permettant que notre rôle de RU soit effectif, sinon nous ne représentons personne. » affirme Jean Wils.

 

Quelles solutions pour faciliter l’expression des usagers ?

Pour répondre à cette difficulté et permettre une expression directe des usagers, l’établissement public de santé national de Fresnes offre la possibilité pour des patients détenus de participer à la CDU : « L’idée est assez innovante. En tant que RU, cela permet de tenir compte de l’expérience des patients, de rebondir sur des propositions et des remarques qu’ils expriment, et d’essayer de trouver avec eux des solutions. Un autre moyen envisageable serait de construire des petits groupes thématiques qui permettraient de travailler avec eux sur ces questions » propose Jean Wils.

 

 Quels conseils pour les RU qui souhaitent s’engager dans ce type d’établissement ?

En résumé, les spécificités des établissements de santé en milieu carcéral imposent que tout RU souhaitant s’y engager puisse sortir de sa zone de confort. L’expérience peut s’avérer très formatrice : « Exercer ses missions de RU dans un milieu comme celui-ci est très pédagogique car le contexte inconnu et nouveau nous oblige à beaucoup d’humilité et à un effort d’adaptation immédiat. Cela demande en effet de prendre en compte la privation de liberté, situation dans laquelle la notion de respect des droits peut être interrogée ainsi que celle des formes de représentation.  C’est très riche de ce point de vue-là, mais ce n’est finalement pas spécifique dans la mesure où selon le lieu d’exercice de son mandat, tout RU doit faire preuve de créativité en matière d’outils pour permettre l’expression des personnes et pour porter réellement la voix des usagers qu’il représente »

En conclusion, il importe de le rappeler : à chaque situation sa spécificité, mais les droits en santé continuent de s’appliquer quel que soit le milieu et le parcours de vie des personnes. A chaque RU de s’adapter pour trouver les meilleurs moyens qui permettent aux usagers d’être acteur de leur santé, d’un point de vue singulier mais aussi plus collectivement pour améliorer la démocratie en santé.

 

 

Contact : Fouraha SAID SOILIHI – Chargée de mission France Assos Santé Ile-de-France  fsaid-soilihi@france-assos-sante.org

 

 

 

 

[1] https://oip.org/en-bref/qui-sont-les-personnes-incarcerees/

[2] L’UNITÉ HOSPITALIÈRE SÉCURISÉE INTERRÉGIONALE(UHSI) DE TOULOUSE. Hélène Bazeix. CIRAP-Dossiers Thématiques-6- ENAP- Décembre 2009

 


Les formations et les groupes d'échanges du 1er semestre 2022 sont là !

Découvrez le programme des formations et des groupes d'échanges du 1er semestre 2022!

Nous avons le plaisir de vous présenter le programme des formations du 1er semestre 2022.

Programme

Formations :

  • RU en Commission des Usagers –  le 07 Janvier à Paris
  • Projet des usagers –  le 27 Janvier à Paris
  • RU en avant ! – les 3 et 4 février à Paris
  • RU en Commission des Usagers  – le 28 mars à Paris
  • Analyser les plaintes et réclamations –  le 8 avril à Paris
  • Prendre la parole au nom des usagers - le 19 avril à Paris
  • RU en avant ! - les 10 et 11 Mai à Paris
  • Défendre les droits des usagers –  le 23 Mai à Paris
  • Expression des usagers : dire, faire dire - le 9 Juin à Paris

Groupes d'échanges :

  • 20 Janvier 2022 - 14h à 17h en visioconférence
  • 22 Février 2022  -  9h à 12h au MIJE, 6 rue de Fourcy 75004 Paris
  • 17 Mars 2022 - 14h à 17h à Paris
  • 21 Avril 2022 - 9h à 12h  à Paris
  • 05 Mai 2022 - 14h à 17h , à Paris
  • 20 Juin 2022 - 9h à 12h à Paris

 

Cliquez ici pour découvrir le programme et les bulletins d’inscription 

 

 

Information 


 

Les inscriptions se font maintenant via un formulaire en ligne, directement à partir du programme ci-joint. Pour découvrir le descriptif de la formation cliquez sur « je découvre », pour remplir le bulletin d’inscription en ligne cliquez sur « je m’inscris ».

Si vous rencontrez des difficultés pour vous inscrire, n’hésitez pas à nous contacter par tous les moyens :

Au plaisir de vous retrouver pour ces formations !

 

L’équipe de France Assos Santé Ile-de-France

 


Un livre blanc pour aider à lutter contre les violences sexuelles faites aux mineurs

En janvier dernier, France Assos Santé Ile-de-France publiait un plaidoyer sur les conséquences en matière de santé publique des violences sexuelles faites aux mineurs. L’analyse avait conduit à la formulation de 7 propositions visant à améliorer la prise en charge des victimes. Leur mise en oeuvre a été précisée au cours des derniers mois lors de groupes de travail. Le résultat de ces travaux vous est présenté aujourd’hui au travers d’un Livre blanc.

 

Onze mois après la publication du plaidoyer, la sphère médiatique et les derniers rapports relatifs aux violences sexuelles chez les mineurs traduisent toujours autant l’ampleur de cette sombre réalité.

En octobre dernier, les chiffres édifiants publiés par le rapport Sauvé* indiquaient que 1 Français sur 10 a subi des violences sexuelles pendant son enfance. En Ile-de-France, au moins 4 000 plaintes pour viols et agressions sexuelles sur mineurs ont été enregistrées en 2019. Ces actes extrêmement graves sont présents dans presque tous les espaces de vie fréquentés par les enfants.

Il semble encore important aujourd’hui de rappeler la gravité de l’impact de ces violences chez les personnes qui les subissent. Problèmes de santé physique, psychique et parcours de vie dégradés sont, parmi, les conséquences de ce traumatisme.

Les actions proposées par les participants aux 7 groupes de travail se déclinent en 3 axes prioritaires : la prévention auprès des enfants et de l’entourage proche, la formation des professionnels et l’amélioration du parcours de santé des victimes.

Nous espérons que nos propositions pourront inspirer les acteurs de terrain et les institutions à œuvrer encore plus pour prévenir, repérer et offrir une protection réelle aux enfants victimes de ce fléau.

Télécharger le livre blanc – Conséquences en matière de santé publique des violences sexuelles faites au mineurs

Télécharger le communiqué de presse - Un livre blanc pour aider à lutter contre les violences sexuelles faites aux mineurs

 

Contact : Fouraha Said Soilihi – Chargée de mission France Assos Santé Ile-de-France – fsaid-soilihi@france-assos-sante.org

 

 

* Les violences sexuelles dans l’Église catholique France 1950- 2020. Rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), Octobre 2021 https://www.ciase.fr/medias/Ciase-Rapport-5-octobre-2021-Les-violences-sexuelles-dans-l-Eglise-catholique-France-1950-2020.pdf


[IMPORTANT] NOS MESSAGERIES SONT DE NOUVEAUX DISPONIBLES !

NOS MESSAGERIES @FRANCE-ASSOS-SANTE.ORG SONT DE NOUVEAU DISPONIBLES !

 

 Nous vous prions d’accepter toutes nos excuses pour le dérangement occasionné.

Bien cordialement,

L'équipe de France Assos Santé Ile-de-France


[COMMUNIQUE] Ile-de-France : fermetures des lits dans les établissements de santé, quel impact pour les usagers ?

Le 5 octobre dernier, le conseil scientifique annonçait la fermeture d’un lit sur cinq dans les centres hospitaliers français faute de soignants. S’en est suivie une bataille médiatique sur les chiffres. Sans entrer dans ce débat, France Assos Santé Ile-de-France est préoccupé quant à la prise en charge des patients franciliens.

Afin de confirmer cette tendance, la délégation régionale de France Assos Santé a interrogé une cinquantaine de Représentants des Usagers (RU) siégeant dans les établissements de santé de la région.

Plus de la moitié des RU interrogés confirme la fermeture de lits dans les établissements de santé dans lesquels ils siègent, faute de personnel. Cette situation semble plus tendue dans les établissements de santé publics notamment dans les unités de soins longue durée (USLD) et les services de chirurgie, neurologie et pédiatrie. La situation semble moins préoccupante dans les établissements privés. Tous mettent l’accent sur le manque de professionnels de santé paramédicaux.

« Dans l’établissement dans lequel je suis RU, 18 lits sont fermés dans le service de neurologie, 5 dans le service cardiologie, 5 en chirurgie cardiaque, 6 dans le service diabétologie. A cela s’ajoutent 5 lits fermés dans le service de réanimation et 55 professionnels de santé manquants »  déclare une représentante des usagers.

Cela questionne quant à l’accès aux soins des patients franciliens. En effet, les retours des RU interrogés mettent en avant un défaut d’orientation des patients (réorientation dans un établissement éloigné du domicile ou à niveau tarifaire différent), des retards de prise en charge et des déprogrammations.

« Au sein de mon établissement, il y a eu des déprogrammations de traitements laissant les personnes sans solution».

Perte de chance pour les patients et accentuation des inégalités sociales et territoriales de santé, déjà criantes dans notre région, sont les conséquences de cette situation. Au coeur de la cinquième vague et du pic épidémique des maladies hivernales, il est urgent d’agir !

Pour ce faire, France Assos Santé Ile-de-France demande un état des lieux documenté des carences de l’offre de soins hospitalières dans la région. Ce dernier doit être présenté en toute transparence et discuté dans les instances territoriales et locales de démocratie en santé (CRSA, CTS, CDU).

Nous avons sollicité une rencontre avec l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France afin qu’un plan d’action soit rapidement envisagé. Les usagers du système de santé d’Ile de France ne doivent pas être les victimes collatérales des restrictions imposées à l’hôpital public depuis de nombreuses années !

 

Télécharger le communiqué de presse.

 

Contact :  Julie GIRAUD – Coordinatrice régionale - 07 56 34 11 23 - jgiraud@france-assos-sante.org


Représentez les Usagers en CPAM !

Après 4 ans de mandat, le renouvellement des représentants des usagers en conseils de Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) aura lieu début 2022. L’appel à candidatures est en cours.

Ce mandat est ouvert aux RU âgés de moins de 66 ans à la date de nomination (mars 2022). Les RU en CPAM défendent l'accès aux soins et aux droits des usagers du département notamment au travers les questions de financement (reste à charge, dépassements d'honoraires...) La  prévention et la promotion de la santé sont également au cœur de ce mandat. Il est indispensable d’y faire entendre la voix des usagers !

Pour en savoir plus  vous consultez notre brochure sur le sujet : Devenir RU en CPAM  : Cliquez ICI

 

Ce mandat vous intéresse ? Contactez nous  :

Julie Giraud -  jgiraud@france-assos-sante.org - 07 56 34 11 23


[COMMUNIQUE] Nouvelle mandature de la CRSA Ile de France : un nouveau souffle pour la démocratie en santé ?

France Assos Santé Ile-de-France applaudit l’élection de deux Représentants des Usagers à la tête de commissions spécialisées du « parlement régional de la santé ».

« Après plus d’un an et demi de crise sanitaire et quelques balbutiements dans les instances, l’élection de deux Représentants des Usagers en tant que présidents de deux commissions spécialisées marque un tournant positif pour la démocratie en santé dans notre région », se réjouit Vincent Cluzaud, président de France Assos Santé Ile-de-France.

 Sylvain Denis, membre du bureau de France Assos Santé Ile-de-France issu de l’association FNAR (Fédération Nationale des Associations de Retraités) a été élu président de la commission spécialisée pour la prise en charge et l’accompagnement médico-sociaux (CSMS).

Et Jean Wils, issu de l’association ALMA Paris (Allô Maltraitance Personnes Âgées et Majeures Handicapées) prend la présidence de la commission spécialisée des droits des usagers (CSDU).

Sidi-Mohammed Ghadi, membre du bureau de France Assos Santé Ile-de-France et issu de l’association AFVS (Association des Familles Victimes du Saturnisme) est, quant à lui, membre de la Commission Permanente de cette instance. Composée de 18 membres, cette commission agit comme le bureau exécutif de la CRSA.

On notera également la présence dans les commissions spécialisées de plusieurs autres membres du bureau de France Assos Santé Ile-de-France et de plusieurs représentants des usagers membres de la délégation.

Instance incontournable de la démocratie en santé, la CRSA Ile-de-France, a pour mission de formuler des propositions, et émettre des avis à la Directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) sur la politique régionale de santé : prévention, réduction des inégalités d’accès aux soins, organisation des structures de soins, santé mentale sont autant de thématiques traitées par les 109 membres dont 24 représentent les usagers.

Outre le bilan de la crise sanitaire et les leçons à en tirer ainsi que l’élaboration de la feuille de route pour les cinq années à venir, la CRSA jouera un rôle central dans l’évaluation du Projet Régional de santé (PRS) 2017-2022 et l’élaboration du prochain PRS (2023-2027).

Le principal enjeu pour les Représentants des Usagers sera donc de porter une voix commune dans cette instance afin de renforcer davantage la démocratie en santé dans notre région.

 Alors que le président élu de la nouvelle CRSA a quasiment été égalé en nombre de votes par un Représentant des Usagers, les acteurs de santé régionaux ne pourront plus faire sans la voix des usagers.

Télécharger le communiqué complet.

 

ContactKarine COHEN – Chargée de mission - kcohen@france-assos-sante.org


Valorisons les démarches participatives en promotion de la santé en Ile-de-France !

O’Bons Légumes est un projet accompagné par l’association Espace 19 et LaFédé. 

Les habitants se regroupent en collectif pour promouvoir et permettre l'accès à une alimentation saine et durable dans leur quartier.

Le projet est un exemple inspirant de démarche participative en promotion de la santé! A ce titre, découvrez en quelques images l'essentiel cette action.

 Ce partage d’expérience est proposé par notre partenaire PromoSanté Ile-de-France.

O'Bon légumes : une démarche participative à Paris 19ème

 

En savoir plus sur les démarches participatives

 


ENQUÊTE AUPRÈS DES UTILISATEURS DES SOLUTIONS ET SERVICES NUMÉRIQUES EN SANTÉ

La délégation du numérique en santé (DNS - ministère des Solidarités et de la Santé) lance une enquête sur les problèmes et difficultés rencontrés lors de l’utilisation des services numériques (solutions
informatiques) de santé.

Ce court questionnaire s’adresse aux utilisateurs d’une application, d’un
service numérique de santé :

  • site de prise de rendez-vous
  • application de suivi d’une pathologie chronique
  • dossier patient
  • téléconsultation, etc.

Il concerne donc un public large ! Il est anonyme et ne prend pas plus de 3 min à remplir. Les retours des usagers sont précieux ! ils seront utilisés pour réfléchir à la mise en œuvre d’un espace d’expression citoyen par la DNS et des moyens associés pour traiter les sujets remontés concernant ces difficultés concrètes.  L’objectif étant de rendre compte de la variété des situations vécues en pratique.

 

N'hésitez pas à relayer cette enquête autour de vous ! Elle permet de rendre compte des réalités des usagers et de les intégrer dans les politiques publiques.

Je participe !


Informations pratiques :

 

Le questionnaire est ouvert pour deux semaines et sera donc fermé le 5 Novembre. N'intégrez pas dans vos réponses libres, des informations personnelles de santé, ou qui permettraient de vous identifier directement ou indirectement (ville, âge, noms de professionnels, noms d’hôpitaux, etc.).


Représenter les usagers en Comité de Protection des Personnes (CPP)

Les membres des comités de protection des personnes (CPP) ont été renouvelés en novembre dernier. Néanmoins, il est possible d’intégrer un CPP quand il reste des postes vacants.

Jean-Louis Radet, représentant des usagers au sein du CPP 8 d’Ile-de-France témoigne.

 

Le CPP, qu’est-ce-que c’est ?

Le CPP a pour mission principale de rendre un avis sur les conditions de validité des protocoles de recherche organisées sur l’être humain en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales.

Il est composé de 28 membres, répartis en deux collèges :

Premier collège :

  • des personnes ayant une qualification et une expérience approfondie en matière de recherche biomédicale (médecins notamment pédiatres, psychiatres) et des personnes qualifiées en biostatistique ou épidémiologie ;
  • des médecins généralistes ;
  • des pharmaciens hospitaliers ;
  • des auxiliaires médicaux.

Deuxième collège :

  • des personnes qualifiées en matière éthique ;
  • des personnes qualifiées en raison de leur compétence en sciences humaines et sociales ou de leur expérience dans le domaine de l’action sociale ;
  • des personnes qualifiées en matière juridique ;
  • des représentants d’associations agréées de malades et d’usagers du système de santé.

Il y a 10 Comités de Protection des Personnes (CPP) en Île-de-France. Dans chaque CPP, 4 postes sont réservés aux Représentants des Usagers.

 

A SAVOIR

Dès qu’un investigateur souhaite mettre en place un protocole de phase 1, 2 ou 3, l’évaluation d’un dispositif médical ou une étude rétrospective, le protocole doit être validé par un Comité de Protection des Personnes (CPP) et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).

Les protocoles sont attribués aux différents CPP par tirage au sort, une fois que le CPP a validé le protocole, celui-ci doit recevoir un avis positif par l’ANSM pour que l’investigateur démarre l’essai.

Représenter les usagers en comité de protection des personnes

 

Le représentant des usagers (RU) est un membre important de cette commission puisque la loi a rendu obligatoire la présence d’un RU à minima en séance, au même titre qu’un biostatisticien.

Faut-il être membre d’une association pour être représentant des usagers en comité de protection des personnes ?

Il faut être membre d’une association agréée en santé pour représenter les usagers en CPP.

Y a-t-il des qualités attendues ?

Il n’est pas demandé d’être un expert de la recherche sur le corps humain néanmoins il est nécessaire d’avoir de la curiosité pour la recherche médicale et une appétence pour l’analyse et la synthèse de document.

Comme le précise Jean-Louis Radet, « en tant que rapporteur de CPP, il y a un travail de lecture et d’analyse des notices d’information destinées aux patients, puis de rédaction d’une synthèse et d’un rapport avec parfois les points à modifier sur le protocole ».

Faut-il être formé ?

Non il n’y a pas besoin d’une formation spécifique avant de rentrer dans un comité de protection des personnes.  Néanmoins les RU ont toujours la possibilité de se former de la manière classique :

  • Formation dite de base de 2 jours pour les représentants des usagers débutant dans la représentation des usagers.
  • Il peut y avoir des formations proposées tout au long du mandat dont certaines sont dispensées par France Assos santé

 

Par ailleurs, au fur à mesure des séances, l’expérience au sein du CPP peut s’avérer elle-même formatrice.

 

Combien de temps cela va me prendre ?

Il faut compter environ une quinzaine d’heure par mois entre l’analyse du dossier et la présence aux séances plénières. Ceci est une moyenne et dépend du nombre et du type de dossier.

Selon Jean-Louis Radet : « le temps passé sur un dossier est très variable. Certains dossiers avec une seule notice d’information patients peuvent demander deux heures de travail (hors séance plénière) tandis que d’autres, notamment les protocoles pédiatriques ou les protocoles liés à la cancérologie, demandent un travail d’analyse plus long ».

Pour combien d’années vais-je être désigné ?

La désignation est pour 3 ans, renouvelable. Si vous candidatez sur un poste vacant en dehors des périodes de renouvellement, vous serez nommés sur le reste de la période de désignation.

Quel est mon rôle en tant que représentant des usagers ?

Votre rôle est de représenter les usagers, c’est-à-dire s’assurer que les informations données aux futurs participants d’un essai soient claires, compréhensibles et loyales. C’est vérifier également les questions relatives au consentement éclairé et à l’éthique en générale.

Représenter les Usagers en CPP, c’est se mettre à la place de ce participant, qui arrivera sans doute avec son vécu, sa maladie et l’anxiété qui peut y être liée et s’assurer que l’information est à un niveau adapté.

 

Dans le CPP, chaque membre apporte ses compétences, sur la recherche, sur le juridique, l’éthique, le soin etc. C’est l’ensemble de ces compétences et les échanges entre membres qui amènent le CPP à se positionner sur un avis favorable ou un refus du protocole.  C’est une décision prise de façon collégiale par l’ensemble des membres.

 

Est-ce que je suis indemnisé pour mon mandat de représentant des usagers en CPP ?

Une indemnité est prévue pour les rapporteurs des dossiers en CPP. Son montant dépend de la nature de l’avis.  Si celui-ci est porté sur un nouveau protocole ou l’amendement d’un protocole existant.

 

Témoignage de Jean-Louis Radet : " Je suis RU au sein du CPP VIII depuis plus de 10 ans. C'est un travail passionnant et enrichissant que j'effectue avec plaisir depuis toutes ces années. Au sein du CPP, l'ambiance est fraternelle entre les membres de tous âges et toutes spécialités et chacun peut trouver sa place.

Cette mission est riche d’enseignements sur le champ biomédical. Les qualités requises sont l’ouverture d’esprit, la curiosité, l’esprit d'analyse et de synthèse et la force de persuasion et une phase de recul par rapport à la maladie si l’on se trouve concerné par un protocole. Il faut toujours garder à l’esprit que notre rôle est de donner un arbitrage entre les bénéfices et les risques pour le patient d'un nouveau protocole médicamenteux ou dispositif médical.  N’hésitez pas à vous renseigner pour savoir si cette mission peut vous convenir."

 

Vous pouvez rejoindre cette aventure collective en transmettant votre dossier à l'adresse suivante: ars-idf-cpp@ars.sante.fr

Un dossier de candidature doit être constitué :

  • d’une lettre de motivation adressée au Directeur Général de l’Agence Régionale de  Santé Île-de-France ;
  • d’un curriculum vitae
  • d’une confirmation par l’association porteuse de la candidature des représentants des usagers.

 

Pour plus d’information sur :

 

Contact: Chargée de mission France Assos Santé Ile-de-France - kcohen@france-assos-sante.org